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Strates (2020 – 2025)

DOSSIER de Présentation à télécharger :

C’est lors d’une conférence de présentation de ma pratique artistique, donnée durant “Les Journées des Humanités Environnementales“ en 2019 au Magasin Centre National d’Art Contemporain de Grenoble, qu’une équipe de scientifiques a remarqué mes œuvres au pochoir. Suite à cette rencontre, Olivier Labussière, géographe et chercheur au laboratoire Pacte du CNRS, m’a proposé un partenariat ; c’est ainsi qu’est né le projet STRATES en 2020. Un groupe de chercheurs, composé de Olivier Labussière (Géographe), Laure Brayer (Architecte) et Marc Higgin (Anthropologue), travaille depuis à mes côtés pendant toute la durée du projet de 2020 à 2024 et, ensemble, nous parcourons les strates contemporaines du Bassin Grenoblois.

Extrait du film “Les Météores“, par Laure Brayer, Olivier Labussière et Marc Higgin, 42min.

Afin de mieux comprendre le processus, la première étape a été de placer un pochoir dans le paysage, constitué d’une plaque Fermacell de 1m2 (un mètre carré) portant l’image numérique d’une empreinte de main imprimée sur un autocollant en vinyle. Pour cette image, j’ai choisi de réactiver et d’actualiser la pratique ancestrale de la main négative en la numérisant.

Photographie numérique d’une des premières déposes d’oeuvres dans le paysage, 2021.

Les trois sites de départ avaient été choisis à proximité de 3 stations atmosphériques de la région grenobloise : celle de Catane, celle de l’École des Frênes et celle de Saint Martin d’Hères.

Sites de déposes des pochoirs du Projet STRATES (illustration Emmanuelle Pilon)

Pendant quatre semaines, avec les scientifiques, nous avons étudié chaque pochoir sur place. L’analyse scientifique basée sur nos capteurs embarqués que sont nos yeux, nos oreilles, nos nez (etc) a donc été complétée par un relevé visuel à l’aide d’un film. Des séquences vidéo ont été prises pour capturer la durée de la formation de l’image et des plans plus larges, changeant d’échelle, ont également été réalisés pour refléter l’interaction de l’œuvre avec l’environnement.

Vue d’une des oeuvres de la série “STRATES“ (100x100cm), 2022   

Ensuite, nous avons commencé à comparer nos perceptions avec les résultats des stations atmosphériques afin de trouver les particules spécifiques qui se sont déposées sur la base du pochoir.

Les 3 premiers pochoirs ont permis de définir des types, je dirais même des familles de particules, mais pas d’identifier leur source exacte. Avec l’équipe, nous sommes partis à la recherche des origines potentielles de chaque participant à la famille en explorant la zone à travers trois axes thématiques que nous avions sélectionnés. Ensuite, j’ai placé de nouveaux pochoirs dans chacun des lieux identifiés, en utilisant la même méthode que le pochoir initial, mais avec une image de ces nouveaux sites eux-mêmes. Nous avons pu matérialiser 6 sites pour chaque ligne.

Les 3 Lignes thématiques du Projet STRATES (illustration Emmanuelle Pilon)

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, la première ligne est celle des activités humaines (activités humaines + pratiques agricoles + modes de chauffage + moyens de transport + grands chantiers métropolitains) // Un chantier de démolition d’un pont urbain au centre de Grenoble, un échangeur autoroutier au Rondeau, un réservoir industriel sur la plateforme pétrochimique de Pont-de-Claix, une carrière de déchets de chantier au bord du Drac, un site de captage d’eau potable où s’exercent notamment des pratiques agricoles aux Eaux ce Rochefort et un immense viaduc autoroutier celui du Col de Fau à Monestier de Clermont.

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Révélation d’un pochoir avec Tim Ingold

De gauche à droite : Yves Monnier, Nicolas Tixier, Tim Ingold et Marc Higgin, 2023
Exemple de pochoir réalisé sur le site des travaux de l’Auto-Pont du V.O. à Grenoble, 2023

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Ce que nous appelons la deuxième ligne est celle des arbres en tant que participant à l’atmosphère (par leurs pollens, leurs feuilles, etc.) // comme un Cèdre, un Saule, un Tilleul, un Frêne, un Hêtre et un Épicéa qui sont 6 espèces endémiques de Belledonne que nous sommes allés chercher dans les pentes en partant de Saint Martin d’Hères jusqu’à Bachaboulou, situé sur la station de ski de Chamrousse à 1450m.

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Exemple de portrait d’un Cèdre réalisé au Parc Benoît Franchon de Saint Martin d’Hères, (75x100cm) , 2023 

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Et pour finir, la troisième ligne, qui est un peu différente des autres : les falaises en tant que dispositif d’observation de la couche géologique contemporaine. Dans cette ligne, nous comparons les représentations des falaises de montagne depuis la Jean Achard en 1844 (Le Vercors, Musée de Grenoble, ci-dessous) jusqu’à l’aspect contemporain des falaises de montagne aujourd’hui.

Joëlle Vaissière, Conservatrice des Collections XIXième, Musée de Grenoble, 2022

Nous avons également retrouvé des photographies anciennes réalisées par Raymond de Bérenger, dans les années 1850 !

Pour réaliser nos observations contemporaines, nous avons travaillé avec une pilote de drone, Chloé Devanne-Langlais qui est aussi artiste. Ensemble, nous avons représenté les falaises du Vercors à l’aide d’images numériques. Je les ai ensuite utilisées pour créer mes œuvres qui se présentent sous la forme de grandes bandelettes réactives, toujours sur plaques de Fermacell… Elles vont venir capter les nuances atmosphériques se déposant sur les images de la même manière que sur les falaises et ainsi produire une sorte de Panton.

L’idée de ce projet est, pour citer le professeur américain Donna Haraway, de « devenir avec ce qui nous arrive ». Au travers de cette recherche Arts-Sciences, nous essayons d’aiguiser notre regard sur le paysage qui compose la strate de l’ère Anthropocène, de déployer l’expérience du monde, de mieux appréhender son devenir, de nous y rendre sensibles. Pour nous, ce ne pouvait être qu’un défi collectif et accueillant. C’est pourquoi chaque révélation de pochoir est l’occasion d’aller à la rencontre des habitants. Nous les invitons à participer et à échanger avec nous sur leur propre rapport à l’air.  Et ainsi, nous relier aux spécificités environnementales, mais aussi aux personnes qui les vivent.

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Les partenaires du Projet “STRATES“ sont :

L’Agence Nationale de la Recherche (ANR)

Le Labex ITTEM, Université Grenoble Alpes

Laboratoire PACTE, CRESSON et CNRS, Grenoble

Ecole Supérieure d’Art et de Design Grenoble-Valence

Festival Histoire de l’Art 2023 de Fontainebleau, (en partenariat avec l’ESAD-GV)

Musée de Grenoble / Connexion avec collection XIX e, Grenoble

Les CEMEA, Pont-de-Claix

École des Frênes de Villeneuve, Grenoble

Association, Les Jardins de la Poterne, SMH

Maison du Patrimoine et de l’Environnement, Chamrousse

Natura 2000, Revel

Musée Géo Charles, Échirolles

Association du Patrimoine de Saint-Martin-d’Uriage

Les Jardins de Malissoles, Varces

Association Médiarts, Grenoble

Vues de l’Exposition “STRATES“ présentées au Musée de Grenoble dans le cadre de la Biennale Arts-Sciences EXPERIMENTA 2025

Du 1er février au 1er mars 2025

Pour plus d’informations veuillez consulter le site spécifique dédié à ce projet : Strates

Still on the Map ! (2020-2022)

Portrait de maison réalisé entre le 3176 et le 3865 Hwy 319 Cypremort Point, LA 70538, USA, 2022.

En mars 2018, j’ai été invité à participer à un projet de recherche arts-sciences par Jennifer Buyck. À l’époque, elle était architecte et urbaniste à l’IUGA. Aujourd’hui, elle travaille toujours comme architecte et urbaniste, mais à l’Université Eiffel, à Paris.

Vue d’une des photographies de la série “Hors Saison“ (52x70cm)   

Au croisement des études urbaines, de l’anthropologie environnementale, de l’analyse littéraire et de l’expérimentation artistique, le projet de recherche «Still on the Map !» a pris pour cadre l’étude du delta du Mississippi, quinze ans après l’ouragan Katrina, et environ cinq ans après la mise en service d’une nouvelle infrastructure majeure pour se protéger contre le risque d’une inondation centennale : Morganza to the Gulf (MTG) est un projet de réduction des risques de dommages causés par les ouragans et les tempêtes (HSDRR) de 158km…

Le voyage de recherche a été programmé du 29 janvier au 19 février 2022 entre La Nouvelle-Orléans, le Bassin de l’Achafalaya, Lafayette, Morgan City, Cypremort Point, Houma, Venice et Baton Rouge en Louisiane, USA.

Vue de la couverture du Livre de Frédéric Allamel

Au cours de ce voyage, avec mon collègue et ami Germain Meulemans, anthropologue, nous avons décidé de rencontrer des personnes qui ont été interviewées par Frédéric Allamel pour son livre : « Eco-réfugiés au pays des bayous. Les Indiens Houma dans le golfe du Mexique». 2020.

En tant qu’artiste, cela m’est apparu comme un moyen plus facile de rencontrer des gens en Louisiane, d’entrer en contact avec d’autres artistes. Et ce faisant, d’échanger avec eux sur nos rapports spécifiques avec les paysages, et sur nos rapports à l’air en particulier.


De gauche à droite vous voyez : Ivy Billiot / Germain Meulemans / Roy Parfait / et moi, Houma, USA, 2022

C’est ainsi que j’ai rencontré Roy Parfait et Ivy Billiot. Ce sont deux sculpteurs célèbres de la communauté de Houma : des “Carvers“. Avec Germain et deux autres collègues, nous avons été invités à découvrir leurs œuvres à l’endroit où ils vivaient. Ivy vit dans un quartier populaire de la ville de Houma, chez son frère. 

Roy vit à Dulac, avec sa sœur. Après l’ouragan Ida, la maison de Roy a été totalement détruite. Depuis, il vit dans un mobile home juste à côté de sa maison… 


Vue d’une photographie de la maison de Roy Parfait, Dulac, USA, 2022

Ce qui m’a frappé, lorsque nous avons échangé avec Roy à propos de sa maison, c’est la façon dont il se projetait pour la reconstruire. Je veux dire, il se projetait dans la reconstruction de sa maison tout en sachant que dans quelques années, 2, 5 ou 20 (personne ne le sait), un autre ouragan frappera sûrement à nouveau ! C’était comme si Roy vivait indéfiniment entre deux ouragans. Cette rencontre avec Roy m’a amené à rechercher toutes les manifestations de l’air durant mon voyage en Louisiane. Pour cela j’ai utilisé la photographie : pour moi, la photographie est avant tout un processus de masquage. On peut se concentrer sur une partie de la réalité avec une image et ce que l’on finit par produire massivement, c’est du hors-champ. Par un processus d’accumulation, il est alors tentant de tisser une toile, un réseau, imparfait, fragile et donc de parler de l’«entre»… 

C’est ce qui m’a inspiré le projet «Hors Saison» : elle est composée d’un poème (ci-dessous) et d’une série de 60 photographies numériques au format 52x70cm.

Hors saison (2020 – 2022)

 » En plein cœur de l’’hiver

Entre deux éclosions de moustiques

Entre deux chaleurs humides et étouffantes

Comment parler de la densité de l’air ?

De l’épaisseur de la boue dans la maison ?

Du vent qui se lève à nouveau ?

Des 9 mois de BP Horizon ?

De l’Ouragan qui passe ?

Du bruit des moteurs ?

D’un deuil à venir ?

Que peut-on vivre, entre deux tempêtes ?

Quel rapport à l’air peut-il bien exister ? « 

Yves Monnier

Série de photographies réalisées entre Baton Rouge, Le Bassin de l’Atchafalaya, Cypresmort Point, Venice, Grand Isle and La Nouvelle Orléans, USA, 2022

Pilotis (2020 – 2022)

En ce qui concerne la série intitulée « Pilotis », j’ai visité le musée de la vie rurale de l’université de Louisiane. Ensuite, nous nous sommes rendus à Cypresmort Point. Sur place, j’ai été surpris par les différences de taille des pilotis par rapport aux constructions traditionnelles. Traditionnellement, les pilotis sont construits avec une taille d’un pied juste pour protéger les maisons de l’humidité du sol. Mais à Cypremort Point, j’ai découvert des maisons construites entre 3 et 6,7 mètres du sol, voire plus. Une maison en particulier a attiré mon attention. 

Devant cette maison, des lignes ont été tracées pour chaque ouragan passé et la taille du plancher se situe aujourd’hui juste en haut de la dernière marque.

Je n’ai pas pu m’empêcher de créer une sorte de fiction personnelle sur la façon dont ces maisons ont été construites. Et dans mon esprit, je me demandais : ont-elles réellement été construites en fonction des vagues et de la force du vent ? Bien sûre, il y a aussi des questions purement pratiques à propos de cette énorme taille de pilotis… Pourtant, comme vous le savez, les ouragans contemporains sont plus violents qu’auparavant.

Ma question était donc la suivante : est-ce l’une des raisons pour lesquelles ces maisons doivent grandir de plus en plus ? À ce moment-là, pour moi, elles étaient une sorte de témoignage d’une relation spécifique entre les humains et les éléments naturels.

Portraits de maisons réalisés entre le 3176 et le 3865 Hwy 319 Cypremort Point, LA 70538, USA, 2022.

Cyprès (2020 – 2022)

La série « Cypres » est née du fait qu’une sorte de mousse ou de lichen avait colonisé le tronc des arbres, mais n’avait pas colonisé la partie des troncs qui serait inondée à la saison des hautes eaux. Ainsi, lorsque j’étais à Anderson, j’ai découvert des troncs de cyprès dont un zone sombre s’étendait sur 3 ou 4 pieds entre la surface de l’eau et le début de la zone de mousse ou de lichen.

Cela matérialisait à nouveau une relation très spécifique avec l’air, mais du point de vue des besoins de la mousse ou du lichen…

Portraits de Cyprès réalisés à HENDERSON, LA 70517, USA, 2022.

Pour plus d’informations veuillez consulter le site spécifique dédié à ce projet : Still on the Map!