Restaurer (2020) // Extrait

Vidéogramme de l’Interview de Lucille, Restauratrice des Collections d’Art Contemporain au Centre George Pompidou, Paris.

Lors de l’entretien intitulé Restaurer, j’ai interviewé Lucille, Restauratrice au Centre George Pompidou. Je l’ai interrogé sur la prise en compte de la pérennité des matériaux dans la composition des œuvres des collections contemporaines et sur les problématiques que cela peut soulever en termes de restauration.

Yves Monnier :

– « Est-ce que, de ton point de vue, la pérennité des matériaux est généralement prise en compte par les artistes aujourd’hui ?«  »

– « Aurais-tu une ou plusieurs anecdotes à ce sujet ?

Extrait 2’02min / Originale 46’45 min / vidéo / en collaboration avec le Réalisateur Clément Fessy / 2020

Mémoires Contemporaines (2018 – 2021)

Autoportrait réalisé aux Ateliers Yves Monnier, Saint-Romans, 2021

Après avoir initié le projet Les Vaches de Monsieur Yoshizawa, j’ai cherché une manière d’élargir le principe de correspondance écrite et photographique que j’avais mis en place à cette occasion. C’est ainsi qu’est né le projet Mémoires Contemporaines durant une résidence de recherche et de production au sein de l’Association Médiart de 2018 à 2019.

« Quelle part de l’histoire, de notre histoire, voulons-nous transmettre ? Chaque personne qui le désire peut partager une part de son histoire, par le biais d’une image qui a du sens pour elle et dont la conservation lui importe : image familiale, image d’actualité, image du quotidien, image de voyage, etc. »

Vues de l’exposition “Mémoires Contemporaines“ à la Galerie l’Antichambre, Chambéry, 2022

Je recueille cette image via la plateforme www.memoirescontemporaines.com, accompagnée de quelques lignes en langue maternelle ou dans une langue choisie, comme un témoignage personnel et sensible, un contexte. Chaque fois qu’une image arrive sur la plateforme, le travail de matérialisation se fait en suivant la chronologie d’arrivée des fichiers. Il n’y a aucun critère de sélection. Je substitue alors aux écrans qui incarnent les images numériques au quotidien, d’autres matériaux. Ils sont issus de l’activité humaine et/ou non-humaine. Ils ont tous comme qualité commune d’être persistants dans l’environnement, polluant ou non, ils marquent le paysage durablement : plastique, béton, peinture à carrosserie ou de marquage, goudron, or. J’utilise pour cela tout type de procédés à disposition aujourd’hui, issus de la gravure, de la pratique du pochoir, de la sérigraphie ou encore l’impression et la découpe numérique industrielle. Points de départ de la rencontre avec les intérêts particuliers, les sensibilités des uns, des unes et des autres autour des usages de la photographie aujourd’hui… Je collectionne ces images ainsi que les critères de sélection et de conservation de tous ces anonymes…

Série d’images numériques issues de la série “Mémoires Contemporaines“, 2018 – 2021.

À travers le dispositif de déposes de pochoirs vinyliques, j’explore une nouvelle façon de travailler. Plutôt que de choisir moi-même, comme dans les petits formats ci-dessus, les matériaux avec lesquels incarner les images numériques, j’ai décidé d’utiliser le pochoir, mais sans le matérialiser directement. En effet, c’est l’environnement immédiat de l’œuvre qui lui donne sa forme finale. Les particules présentent dans l’air, dans l’eau, issues des activités humaines et non-humaines viennent ainsi imprégner lentement le support fait d’une plaque de Fermacell (mélange de fibres de celluloses et de plâtre).

Série de photographies numériques prises lors de la révélation d’un pochoir à Grenoble en 2018.

Les pochoirs sont littéralement abandonnés à l‘environnement et avec le temps, ce sont tout à la fois la pluie, l’air, les rayons du soleil qui viennent marquer les supports et ainsi incarner les images.

Après quelques semaines, quelques mois, lorsque le pochoir commence à se décoller, je révèle l’image en retirant le sticker. Il apparaît alors un contraste entre la partie qui a été protégée par le pochoir (restée clair) et la zone qui a été soumise aux aléas du temps (imprégnée de particules atmosphériques).

Série d’images numériques issues de la série “Mémoires Contemporaines“, 2018 – 2021.

Pour plus d’informations veuillez consulter le site spécifique dédié à ce projet : www.memoirescontemporaines.com

Les Vaches de Monsieur Yoshizawa (2014 – en cours)

Portrait de Sayuri Arima, Masami Yoshizawa et Yves Monnier au Magasin, CNAC de Grenoble, en 2017.

Ce projet est un partenariat avec Masami Yoshizawa, paysan, survivant de la catastrophe du 11 mars 2011 à Fukushima Daiichi, et la photographe Sayuri Arima. 

Série de photographies numériques prises au Magasin des horizons, CNAC de Grenoble, et à la Conciergerie en 2017.

Les Vaches de Monsieur Yoshizawa

En 2011, lorsque c’est produit la catastrophe de Fukushima, je préparais une exposition en Savoie, à la Conciergerie. Je me suis alors appuyé sur cette actualité pour réaliser une installation : Fukushima mon amour. Durant les années qui ont suivi, j’ai continué à me renseigner pour prendre des nouvelles des personnes qui avaient survécu. Je fouillais sur Internet tout simplement pour me tenir informé. C’est de cette manière qu’en 2014 je découvre l’histoire de ce paysan japonais qui a refusé d’être exproprié et d’abandonner ses bêtes à la faim ou de les abattre comme le lui demandait son gouvernement. Il a choisi de rester vivre dans la zone interdite créée suite à l’accident du 11 mars 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Il a pris cette décision pour conserver son mode de vie et permettre à ses animaux d’avoir une fin de vie digne.

Lorsque j’ai eu connaissance de l’histoire de Masami Yoshisawa, j’ai été bouleversé par son geste, j’ai cherché à entrer en contact avec lui. J’ai donc écrit à monsieur Yoshizawa en lui demandant s’il accepterait de faire pour moi un portrait de chacune de ses vaches à partir d’une notice que je lui ai fait parvenir. Mon souhait était de répondre à son engagement en m’engageant à mon tour dans un travail de mémoire. Aidé par une amie à lui, Sayuri Arima photographe, M. Yoshizawa a accepté. Nous avons donc convenu qu’ils m’enverraient 1 à 2 portraits par semaine durant les 9 à 10 prochaines années afin que je puisse matérialiser la totalité des portraits de vaches, qui se sont avérées être en réalité plus de 350.

La moitié des bénéfices des ventes des œuvres originales et des reproductions d’œuvres de la série Les Vaches de Monsieur Yoshizawa est reversée à l’Association la Ferme de L’Espoir.

Vidéo / 10’02 min / en collaboration avec le Réalisateur Clément Fessy /2018

Série de photographies numériques prises à la Conciergerie en 2017.


Pour plus d’informations veuillez consulter le site spécifique dédié à ce projet : www.lesvachesdemonsieuryoshizawa.com

Greta #1 (Version 1/3)

2020 (FR) 50 x 50 x 1,2 cm / sérigraphie au goudron sur Fermacell / (tirages signés et numérotés de 3 exemplaires) Collection Particulière : 1/3