Still on the Map ! (2020 – en cours)

Photographie numérique de l’équipe prise lors du voyage préparatoire dans le delta du Rhône en Camargue, Digue à la Mer de la Tour Vielle, 2021.

Au croisement des études urbaines, de l’anthropologie de l’environnement, de l’analyse littéraire et de l’expérimentation artistique, le projet de recherche Still on the Map ! prend pour cadre d’étude le delta du Mississippi quinze années après le passage de l’ouragan Katrina et environ cinq ans après la mise en service des principales nouvelles infrastructures de protection contre le risque d’inondation « centennale ». Exprimé dès son titre – un énoncé de résistance et de résilience scandé par les habitants lors des manifestations à caractère écologique en Louisiane –, ce projet de recherche ambitionne de décrire les attachements que différentes communautés locales entretiennent avec le delta, à l’heure où ce dernier s’enfonce peu à peu dans la mer. Le voyage d’études est programmé du 29 janvier au 19 février 2022 entre La Nouvelle-Orléans, Houma, Lafayette et Bâton Rouge en Louisiane, USA.

L’équipe de Still on the Map ! est composée de Jennifer Buyck : Architecte et Docteure en Esthétique, Isabelle Krzywkowski : Professeure de Littérature Générale et Comparée, Jean-Paul Thibaud : Sociologue et Docteur en Urbanisme et Aménagement, Nicolas Tixier: Architecte DPLG et Docteur, Didier Tallagrand : Artiste Plasticien, Jean-Michel Roux, Matthieu Duperrex : Docteur en Arts Plastiques et Auteur Multimédia, Germain Meulemans : Anthropologue et Yves Monnier : Artiste Plasticien. Ce projet est une collaboration née au sein de l’Université-Grenoble-Alpes en partenariat avec UMR PacteUMR Litt&ArtsUMR AAU-CressonEnsa GrenobleEnsa MarseilleLSU. Je suis ici artiste associé au projet.

En préambule, un voyage préparatoire a été effectué du 17 au 20 mars 2021. Il a permis de tester différents modes de fonctionnement au sein du groupe de travail. À cette occasion, j’ai produit la série d’images intitulée “Compositions sédimentaires“ que vous trouverez ci-dessous.

Cette série de dix images est une sélection issue d’une déambulation de quatre jours en Camargue, dans le delta du Rhône, à la recherche de motifs au sein des paysages. La silhouette pliée par le Mistral. Recroquevillé et sourd. La peau tirée par les embruns, les cheveux gras, sentir sous ses pas s’enfoncer un sol éphémère. Un espace en devenir perpétuel ?

Série de photographies numériques intitulée “Compositions sédimentaires“, delta du Rhône, Camargue, 2021.

« Ni terre ni eau. Une singularité habitant l’épaisseur d’un trait à la frontière entre continuité et rupture. Le paysage comme une composition, horizon anthropisé, modelé de force et pour un temps par les volontés successives. Pour un temps seulement. Bientôt reprise, dissoute, dans le tourbillon des flux. Un simple patch[1] à l’échelle débordante des climats ? Appréhender les interactions, les dépendances, les attaches, les rencontres, les coutures. Les voir, les sentir, les ressentir, y goûter, les vivre. Enfin, se laisser inspirer par elles.« 

[1] Plutôt que d’étudier l’Anthropocène comme un phénomène global uniforme, les anthropologues Anna Tsing, Andrew Matthews et Nils Bubandt nous invitent à penser à partir d’une multitude de « patches », qui sont autant « d’agencement situés entre humains et non humains » (2019, p. 187). A. L. Tsing, A. Mathews, N. Bubandt (2019) «Patchy Anthropocene: Landscape Structure, Multispecies History, and the Retooling of Anthropology.» Current Anthropology 60(20): 186-197.

Pour plus d’informations veuillez consulter le site spécifique dédié à ce projet : Still on the Map!